La mécanique des femmes
- Tu ne penses jamais à la mort ?
Elle tourbillonne gaiement sur elle-même.
- Je suis jeune !
- Je te parle sérieusement. Tu ne penses jamais à la mort ?
Sa main, qu'elle applique à la jointure de ses cuisses, la robe creusée.
- Je pense à ça. C'est pareil.
Une expression de mépris.
- Tu veux de ma petite mort ?
Le corps en arrière, elle tend son sexe.
- Et avec elle, on meurt plusieurs fois. Tu veux essayer? Je suis une bonne petite mort salope.
- Je te demande si tu ne penses jamais à la mort ?
En fureur, le regard dur.
- Tu m'emmerdes avec ta mort ! Moi, je baise, et tant que je baise, la mort, je m'en fous !
Rageusement jetée dans un fauteuil.
- Ta mort, tu peux te branler avec !
M'approchant d'elle.
- Ne me touche pas.
Elle enfouit sa tête dans ses bras repliés.
- Je ne veux pas qu'on me parle de mort !
La voix aiguë.
- Je suis vivante, moi, vivante !
J'allume une cigarette.
- Qu'est-ce qui te fait si peur ?
Dressée comme sous l'effet d'une décharge électrique.
- Le Diable, Si tu veux le savoir ! Satan ! Lucifer ! Le Diable !
En larmes, elle rit follement.
Louis Calaferte - La mécanique des femmes